Et si la partie la plus fragile de votre relevé n’était ni la mesure ni le traitement, mais l’extension du fichier ? Le choix du format de fichier pour un nuage de points (point cloud) paraît secondaire ; c’est pourtant lui qui décide si la donnée circule entre les équipes ou si elle dort sur un disque que personne n’ouvre.
Le bon format de fichier pour un nuage de points, ce sont souvent deux fichiers : un .e57, format ouvert décrit par la norme ASTM E2807, pour l’échange et l’archive, et un .rcp accompagné de ses .rcs si l’équipe travaille dans Revit, qui ne lie que ces formats. Le .las ou le .laz sert aux grandes emprises ; le .ptx relève de l’héritage.

Un scanner 3D en station dans un hall industriel : chaque position produit un scan, que le format choisi gardera séparé ou fusionnera avec les autres.
Ce que contient un format de fichier pour un nuage de points
Un nuage de points n’est pas qu’une liste de coordonnées. Selon son format de fichier, il transporte aussi l’intensité du retour laser, la couleur, la position de chaque station, les photos panoramiques prises par l’appareil et le système de coordonnées. Un relevé par scan laser 3D (3D laser scanning) produit toutes ces informations d’un bloc ; c’est l’export qui décide lesquelles survivent au voyage jusqu’à votre logiciel.
La distinction qui compte le plus se lit rarement dans un devis : nuage structuré ou non structuré. Un export structuré garde chaque station à part ; on peut y revenir, afficher les panoramiques, recaler un complément. Un nuage unifié est plus simple à manipuler, mais il a perdu la mémoire de sa prise de vue. Même extension, deux fichiers très différents.
“ L’extension dit le format du fichier, pas ce qu’il contient.
E57, RCP, LAS, PTX : les familles de formats
Quatre familles couvrent l’essentiel des échanges, plus les formats propres à chaque constructeur. Certaines servent à transmettre, d’autres à travailler, d’autres à décrire un territoire. Choisir un format de fichier pour un nuage de points, c’est d’abord savoir dans quelle case on se trouve.
Format ouvert d’échange, décrit par la norme ASTM E2807. Il associe une partie XML et une partie binaire, et peut contenir points, couleurs, intensités, images et positions des stations. La plupart des logiciels de traitement l’écrivent ou le lisent : c’est le format pivot des échanges bâtiment.
Formats indexés d’Autodesk, produits par Autodesk ReCap Pro. Un .rcs contient un scan, un .rcp est le projet qui regroupe et référence ces scans. C’est la porte d’entrée de Revit et d’AutoCAD, qui les lient directement.
Format binaire public, maintenu par l’ASPRS et né du LiDAR aérien. Sa force est la classification des points (sol, végétation, bâti), précieuse sur une infrastructure ou un territoire. Le .laz en est la version compressée sans perte, comme le rappelle la fiche de la Bibliothèque du Congrès sur le format LAS.
Formats texte hérités de l’écosystème Leica. Le .ptx garde la structure par station et la position de chacune, le .pts n’en garde rien. Lisibles presque partout, mais lourds : chaque point y est écrit en toutes lettres.
Chaque constructeur a son format de scan ou de projet, le .fls chez FARO, le .lgs chez Leica. À conserver comme archive d’origine, rarement à transmettre : ils supposent le logiciel de l’éditeur.
Ouvert et normé, il passe d’un logiciel à l’autre et se relit sans dépendre d’un éditeur. C’est le fichier d’échange et d’archive.
Indexé pour un affichage fluide dans Revit et AutoCAD, il sert de fond de travail, mais reste attaché à l’écosystème Autodesk.
Quel format demander selon votre logiciel
Le bon format de fichier pour un nuage de points est d’abord celui que votre logiciel lit sans détour. Un architecte sous Archicad et un bureau d’études sous Revit ne demandent pas le même fichier pour un relevé identique. Le tableau croise les logiciels courants et les formats de nuage de points.
| Logiciel | .e57 | .rcp / .rcs | .las | .ptx |
|---|---|---|---|---|
| Revit | ||||
| Archicad | ||||
| Autodesk ReCap Pro | ||||
| CloudCompare | ||||
| Leica Cyclone Register 360 (export) |
Pas directement. Revit ne lie que les formats indexés .rcp et .rcs ; un .e57 doit d’abord être indexé, le plus souvent dans Autodesk ReCap Pro. L’opération est courante, mais elle se prévoit dans le planning de l’équipe de modélisation.
Non. Archicad importe les nuages de points aux formats .e57 et .xyz. Pour une équipe sous Archicad, c’est donc l’E57 qu’il faut demander dès la commande.
Ces règles viennent des éditeurs : la note de support Autodesk sur les nuages de points dans Revit et l’aide d’Archicad sur l’import de nuages de points. Elles évoluent d’une version à l’autre : un essai d’ouverture sur un extrait, avant la livraison complète, évite les surprises.
Le bon format de fichier pour un nuage de points se fixe à la commande, pas à la réception.
Poids, métadonnées, archivage : les critères qui tranchent
Entre deux formats de fichier pour un nuage de points que votre logiciel accepte, trois critères départagent : le poids, ce que le fichier garde de la prise de vue, et sa capacité à être relu dans plusieurs années. Le cas le plus parlant oppose un format texte ancien au format ouvert de référence.
| Critère | PTS / PTX | E57 |
|---|---|---|
| Encodage | Texte | Binaire compact |
| Poids du fichier | Élevé | Réduit |
| Position des stations | PTX oui, PTS non | Oui, en export structuré |
| Images panoramiques | Non | Oui, si elles sont exportées |
| Spécification | Documentée par l’éditeur | Norme ASTM publique |
| Usage conseillé | Relecture de données anciennes | Échange et archive |
Un fichier texte écrit chaque coordonnée en caractères, un format binaire la stocke de façon compacte : sur un relevé de plusieurs niveaux, la différence se sent à chaque transfert. Les métadonnées, elles, se perdent en silence. Un export non structuré ne signale rien ; les stations manquent simplement le jour où il faut recaler un complément.
| Échange |
E57 structuré
Entre intervenants, pour l’archive et les partenaires hors Autodesk
|
LAS ou LAZ
Classes de points conservées, fichiers partageables
|
| Travail |
RCP / RCS ou E57
RCP pour Revit et AutoCAD, E57 pour Archicad
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LAS ou LAZ classé
Lu par les outils de SIG et de terrain
|
| Bâtiment | Territoire |
- Un fichier lu par la plupart des logiciels
- Une archive indépendante d’un éditeur
- Stations et images conservées en export structuré
- Une conversion dans ReCap pour Revit
- Un export structuré, demandé explicitement
- Le système de coordonnées précisé à la commande
Pour un relevé remis en marché public, un format ouvert (E57 pour le nuage, IFC pour la maquette) évite de lier l’accès aux données à une licence. Le texte va dans ce sens : l’acheteur qui exige des outils non communément disponibles, comme la modélisation électronique des données du bâtiment, doit offrir d’autres moyens d’accès tant qu’ils ne le sont pas devenus.
Du scan brut au fichier livré : le traitement des données
Le format de fichier pour un nuage de points se décide à l’export, en bout de chaîne. Côté laser, celle-ci suit un ordre stable : consolidation des stations, recalage, nettoyage des points parasites (passants, reflets, mobilier provisoire), puis export aux formats standards, .e57, .rcp ou .pts. Ces opérations s’effectuent généralement sous Leica Cyclone Register 360, qui exporte aussi bien en E57 qu’en RCP, LAS ou PTX ; le contrôle croisé se fait couramment sous CloudCompare. Si une modélisation 3D / BIM est prévue, le processus scan-to-BIM part de ce nuage consolidé pour produire une maquette au niveau de détail convenu.
Côté image, la photogrammétrie, souvent par drone pour les toitures et façades hautes, oriente d’abord les photos puis calcule un nuage de points ; orthophotos (.tif, .png), maillage texturé, modèles numériques de terrain et de surface et volumes en dérivent. Les relevés par drone complètent ainsi le scan là où il ne voit pas. Sans logiciel 3D, la visite virtuelle et la consultation en ligne prennent le relais du fichier.

Vue aérienne d’illustration : un ensemble de bâtiments habillé d’une colorisation par altitude, le type de donnée qu’un nuage de grande emprise permet de restituer.
Relevé, livrables et exploitation
DTM3D relève au scan 3D FARO en stations, au scanner mobile SLAM quand il faut parcourir vite de grands volumes (le nuage est alors continu, sans découpage par station) et en photogrammétrie par drone pour les toitures et les abords ; le nuage est ensuite livré dans le format que lit votre équipe : .e57, .rcp, ou les deux. Les plans et la maquette sortent d’un bureau d’études implanté en France, qui travaille directement dans votre logiciel (Revit, Archicad, Allplan, SketchUp, AutoCAD). Les usages propres à chaque métier sont regroupés sur la page secteurs d’intervention.
Un intervenant n’a pas le logiciel qui lit le format livré ? Dans DTM3D Cloud, il ouvre le nuage de points et les photos 360° depuis son navigateur et annote avec le reste de l’équipe ; les données sont conservées sur un hébergement européen conforme au RGPD. Une courte présentation accompagne l’ouverture de l’espace, et votre interlocuteur reste le même après la livraison.

Un nuage de points colorisé ouvert sur un poste de travail, à côté d’un tableau de suivi.
Questions fréquentes
Les questions qui reviennent avant de commander un relevé, ou quand le fichier arrive. Cliquez sur une question pour afficher la réponse.
Comment ouvrir un fichier .e57 sans logiciel de modélisation ?
Un visualiseur suffit. CloudCompare, logiciel open source, lit le .e57 comme le .las ou le .ptx, et permet de mesurer et de convertir. Pour dessiner ou modéliser, le fichier rejoint ensuite votre logiciel métier.
Quelle différence entre un fichier .rcp et un fichier .rcs ?
Le .rcs contient un scan, le .rcp est le projet qui rassemble et référence ces scans. Transmis sans son dossier de .rcs, un .rcp perd ses données : on envoie toujours l’ensemble.
Faut-il un .las ou un .e57 pour le relevé d’un bâtiment ?
Pour un bâtiment, l’E57 conserve mieux ce qui sert ensuite : stations, positions, images. Le LAS et sa version compressée LAZ prennent l’avantage sur les grandes emprises, où la classification des points (sol, végétation, bâti) compte davantage.
Un fichier .ptx est-il encore utilisable aujourd’hui ?
Oui, la plupart des logiciels le lisent encore, et il garde la position de chaque station. Mais c’est un format texte, lourd à manipuler : mieux vaut le convertir en E57 pour l’échange et l’archive.
Quel format de fichier pour un nuage de points destiné à l’archive ?
Un E57 structuré, dont la spécification est publique, accompagné des fichiers natifs du scanner 3D. Notez à part le système de coordonnées et la date du relevé : dans quelques années, c’est ce qui permettra de s’en resservir.
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Pour conclure
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Un bâtiment à relever ?
Dites-nous quels logiciels vos équipes utilisent, on revient vers vous avec la méthode adaptée.
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